Un an déjà! Mais que sont-ils devenus?!

Mais non, mais non, les Ptits Rouleurs ne sont pas déjà repartis ! Le temps passe vite, et nous n’avons même pas pris le temps de faire le moindre retour de cette petite aventure ! Cet article traine déjà dans nos tiroirs depuis un petit moment, nous nous décidons enfin à le publier!

1 an, c’est aussi le temps nécessaire qu’il nous a fallu pour prendre un peu de recul, pour se questionner vraiment sur le voyage et sur ce que nous avons vécu.

Dès le retour, après les questions habituelles auxquelles sont confrontés tous les voyageurs au long cours (« quel pays avez-vous préféré ? une anecdote particulière ? combien de crevaisons ? »), vient la question la plus embarrassante : « pas trop dur le retour ? ». Autant pour la première salve de questions, le scénario est parfaitement rodé, nous nous surprenons même à répéter les mêmes choses, les mêmes anecdotes, les mêmes coups de cœur… ce qui peut, à la longue, avoir un côté vraiment déroutant pour nous, comme si nous incarnions un rôle (offrant les réponses attendues et convenues) et nous donnant parfois l’impression d’être devenus spectateurs de notre voyage. Pour la dernière question (« alors, pas trop dur le retour à la réalité? »), la réponse toute faite est davantage embarrassante. On serait tenté de répondre : « si si c’est dur! c’est horrible même! ». Et pourtant… ce n’est pas si évident !

D’un côté, le voyage nous a permis un souffle nouveau, qui a apporté son lot d’imprévus et de surprises (bonnes ou mauvaises), et ce, quo-ti-dien-nement! L’aventure, la vraie! Et nous avons adoré cela.

Mais malgré cette belle image souvent incomplète, le voyage au long cours reste malgré tout épuisant, physiquement parfois (d’autant plus sur un engin vélocipédique, vous vous en doutiez), mais émotionnellement surtout ! Le voyage à vélo vous épuise, vous rince, vous pousse dans vos retranchements, voire vous pousse à bout tout court! Ainsi, le retour en lui-même peut être des plus agréables : retrouver ses proches, ses repères, son confort, pouvoir de nouveau communiquer sans difficultés, de se poser et reposer réellement son corps et son esprit… sans parler de la bouffe et de tous les plaisirs sédentaires retrouvés! La vraie difficulté est davantage liée aux retrouvailles « frontales » avec ce que l’on avait fui (le quotidien routinier, entre autres), ce que l’on pensait avoir mis de côté pendant un an en se disant qu’avec le temps et la distance, les problèmes s’évaporeront.

Ainsi, l’idée que le voyage aiderait à se projeter sur l’avenir est erronée. Quoi?? On nous aurait menti?? Partir pour mieux revenir! Des belles paroles oui! En réalité (la notre en tout cas), nous avons eu tout le temps de bien cogiter,  le cul sur sa selle. Les passages dans les steppes infinies de Turquie et du Tibet y ont largement contribué : sur la route les questions fusent, fuient, puis reviennent sans cesse là où la vie sédentaire les inhibent, mais les réponses se font toujours attendre! On part en se disant que l’on va trouver un but dans sa vie, puis finalement le but devient simplement journalier, à la recherche d’une jolie route, d’un bon bivouac, de nourriture; la réalité quotidienne prend finalement le pas sur ces questionnements existentiels, et c’est ce qui est finalement plaisant! Tous les jours, l’objectif est plus ou moins atteint ! Et nous ramène finalement à l’essence du voyage, à ce que nous étions venus chercher.

Et l’expo, c’est pour aujourd’hui ou pour demain?!

De nombreuses personnes nous ont proposé de faire des réunions sur notre voyage, des soirées diapos, thématiques, des expos, un film, voire même un bouquin. C’est très étrange pour nous parce-que l’on ressent une sorte de « distance » avec le voyage. Dès notre retour, il nous a paru loin, derrière nous, comme s’il ne nous appartenait déjà plus. S’y replonger afin de fournir un travail de restitution nous aurait demandé un véritable effort. Pour nous, le blog constitue déjà notre support, notre rendu, et nous ne ressentons pas le besoin, pour le moment, d’en rajouter ! Pour preuve, nous n’avons même pas pris le temps, en un an, de visionner les photos du voyage ! (humm donc oui, nous n’avons toujours pas trié nos milliers de photos si vous voulez tout savoir!)

Bref, toutes ces digressions philosophiques complètement désordonnées pour dire que… pour dire quoi d’ailleurs ?? Que nous avons évidemment été bouleversés par ce voyage, qu’il a été autant épuisant que déroutant, et que nous ne pouvons qu’en faire l’éloge! Et que les guibolles nous démangent encore et toujours…

Nous aimons le fait que cet intermède à vélo ressurgisse de manière complètement inopinée dans notre quotidien, nous rappelant telle rencontre, ou telle anecdote que nous avions oubliée. Le voyage continue de nous nourrir, et se retrouve saupoudré dans nos vies désormais sédentaires. Il représente bien plus qu’une parenthèse qui se suffirait à elle-même. Et on aime ça en fait.

Mais que sont-ils devenus?

Solenn ne peut plus se passer de pédaler et a passé son été à cocher les plus hauts cols de France (toujours avec un certain style!) au guidon de son nouveau vélo de route… C’est qu’elle en a de la cuisse !

Col de la Bonnette :

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Mont Ventouuuux :

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Mont Colombis (ça pique) :

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… stylée, un point c’est tout…

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Côté boulot par contre, c’est plutôt ça :

Au retour, Victor a quant à lui passé 6 mois à promener son maillot de Thaïlande sur les cols des Alpes et profiter de la vie, tout en passant son examen d’entrée à l’école d’Infirmiers. Et paf! Le voilà reparti pour 3 ans, assis le cul sur une chaise, ce qui est finalement bien plus dur qu’une selle en cuir ! Et comme si cela ne lui suffisait pas, le voilà engagé comme sapeur pompier volontaire!

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Malgré le retour et la bonne gastronomie française, il ne s’est jamais lassé de petits plats du voyage, et continue, au grand dam de Solenn, de cuisiner son éternel lentilles/semoule/sardines… C’est peut-être sa manière à lui de garder un lien avec l’aventure…

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Ensemble, nous sommes repartis, à vélo, sur les routes de France, dans des conditions dantesques que l’on avait peu rencontrées au cours de notre voyage! De beaux paysages, du vin, des bivouacs à droite, des bivouacs à gauche… Finalement, chez nous aussi le cyclotourisme peut suffire pour trouver son bonheur ! Nous avons pu notamment apprécier l’accueil à la française, un vrai délice :

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SCOOP! Aux dernières nouvelles, la famille des Ptits Rouleurs va s’agrandir, et les premières images promettent de belles aventures en perspective !!

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A bientôt pour de nouvelles aventures! Car rien n’est sûr sauf une chose : nous repartirons! Tadaaaaaam

Et surtout, n’oubliez pas, pro-fi-tez !!

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Épilogue de la saison 1

Un jour en Thaïlande, nous rencontrons un petit garçon en voyage à vélo avec ses parents. En apprenant notre périple, il écarquille les yeux, jette un coup d’oeil à nos montures et s’exclame : « Mais comment ils ont fait? Leurs vélos n’ont même pas d’ailes!« 

Et pourtant!

Avec nos ailes invisibles dans le dos et des millions d’autres choses qui nous ont portés, nous avons pu rejoindre la Malaisie depuis Gap, en 331 jours et 16 505 kilomètres !
Nous aurions aimé continuer encore, un peu, beaucoup… Mais il faut bien rentrer un jour !

Ce petit tour à vélo a été une expérience incroyablement riche et intense pour nous. Et nous avions envie de partager avec vous son épilogue.

Nous tenons d’abord à vous remercier, oui vous, chers lecteurs assidus et généreux donateurs, pour avoir suivi nos aventures pendant cette année un peu folle pour nous. Votre soutien inconditionnel et vos messages nous ont porté, et réchauffé le cœur!

De notre côté, nous avons pris beaucoup de plaisir à écrire ce blog, qui continuera à vivre avec la rubrique « trucs et astuces » et les récits d’autres voyages à venir, plus ou moins longs… suspense !
Enfin, nous espérons que la pauvreté informative des articles vous aura quand même donné l’envie de découvrir par vous-mêmes ces contrées éloignées !

Quelques mots également sur le voyage à vélo. Pour faire court, nous avons désormais du mal à imaginer nos prochaines escapades sans nos biclous préférés!

En effet, le vélo impose un rythme de voyage parfait pour nous : on avance tout en profitant des paysages, de la vie foisonnante des bords de route, libres d’aller où bon nous semble, de changer d’itinéraire au gré des rencontres et des envies. N’ayons pas peur de le dire, le vélo nous a procuré un incroyable sentiment de liberté et de bien-être ! (sauf à -2°C avec un vent de face et de la grêle… là on se sent juste vivant! Mais c’est déjà pas si mal!).

Autre avantage considérable pour nous : la bicyclette est un formidable moyen de provoquer la rencontre ! On sent souvent l’intérêt des gens décupler lors de notre passage. Les têtes se tournent, des sourires apparaissent, parfois des encouragements et très souvent un simple « bonjour! » dans la langue locale ! Si on s’arrête, les questions fusent, les visages miment l’étonnement, voire l’incompréhension lorsque l’on expose tout le chemin parcouru. La reconnaissance de l’effort accompli nous remplit de joie et nous pousse encore à avancer. Tout comme les nombreux gestes de solidarité : on nous a souvent offert de l’eau, de la nourriture, un toit, un pouce levé qui sort de la fenêtre d’une voiture en train de nous dépasser, des millions de coups de klaxon d’encouragement (bon, ça on aime moins!), des sourires, tous ces sourires…

Le voyage à vélo nous a offert cette chance incroyable de se sentir en mouvement, le cul sur la selle, « l’âme ouverte à tous les vents », comme l’écrit si bien Tesson.

Il nous a aussi donné l’occasion d’incroyables bivouacs… Et nous sommes fiers de nous souvenir de chacune de ces 330 nuits!
En vrac, parmi les plus mémorables : nous avons dormi derrière un bar de plage en Grèce, dans un logement vide et à vendre en Italie, dans un train de nuit inoubliable au Turkménistan, dans des plantations de café au Laos, sur le parvis des églises grecques, dans un cimetière iranien, dans l’appartement de fonction de gardes forestiers en Turquie, dans des monastères bouddhistes, dans la steppe tibétaine à 4600 m, au bord d’une autoroute en Chine, dans la cabane d’un pêcheur cambodgien, au pied d’une croix en Géorgie, dans le jardin potager d’un arménien, sur les plages de Thaïlande…et tant d’autres encore!

Le voyage nous a aussi permis d’ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure, de prendre conscience, par exemple, de la chance que nous avons d’être français. Plein de jeunes gens rencontrés auraient voulu faire notre voyage dans l’autre sens, vers l’Europe. Et si pour nous, attendre un visa pour l’Asie Centrale pendant une semaine s’est avéré une épreuve pénible, pour eux l’obtention d’un visa touristique Schengen est souvent mission impossible. Être né quelque part…

Le voyage nous a aussi rapproché de valeurs fondamentales comme la liberté évidemment, et la laïcité. En dehors des portes de l’Europe, la liberté d’expression en prend un sacré coup… Et nous avons trouvé que le poids de la religion dans les régions traversées était souvent un bien lourd fardeau! Comment interpréter que dans de nombreux pays, dire que l’on est athée semble être perçu comme une hérésie…
Bref, c’est hors de France que l’on a ressenti encore plus l’envie de défendre ces valeurs fondamentales!

Côté personnel, voyager à vélo et au long cours a demandé une réorganisation dans nos habitudes de couple. Pendant ces longs mois sur la route, celui-ci s’est transformé en véritable équipe. Très vite, chacun a trouvé sa place et son rôle dans cette épopée quotidienne! Une routine bien huilée qui s’est mise en place naturellement et qui fonctionne à merveille. Elle nous offre des repères nécessaires dans ce quotidien nomade.
Ça peut sembler être toujours la même chose. C’est chaque fois différent.

Cela nous a notamment permis d’acquérir bon nombre de compétences qui seront valorisables dans la société. Voici donc les nouveaux éléments qui viendront garnir notre CV (et oui on prépare déjà le retour!) et vous donneront un aperçu de cette fameuse répartition des tâches du quotidien :

Solenn :
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– Responsable de l’approvisionnement, du conditionnement et des stocks alimentaires;
– Responsable gestion et acheminement des déchets (qui lui vaut le doux surnom de « Dame Poubelle », facilement changeable en « Dame pui bella » afin d’éviter la baffe !);
– Inspections, contrôle et répartition des sucreries;
– Coupeuse de légumes et préparation des assaisonnements;
– Responsable carnets de voyage;
– Infirmière bénévole, manucure, pédicure, coiffeuse et esthéticienne;
– Architecte d’intérieur et aménagement de la suite nuptiale;
– Correctrice attitrée et co-éditorialiste;
– Chargée de communication;
– PDG du CSB (Comité de Surveillance du Blog).

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Et voilà le genre de bataille qu’il a fallu mener!

Victor :

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– Réparateur en chef : contrôleur qualité et entretien des pièces d’usure;
– Inspecteur des travaux finis;
– Chef couture et conception;
– Responsable réchaud, feu et égouttage de popote;
– Top chef pré-cuisson du riz, lentilles et autres pois chiches;
– Monteur de tente et planteur de piquets (tous types de sols);
– Chineur professionnel;
– Inventeur bricoleur;
– Spécialiste géolocalisation et itinéraire;
– Porteur de vélo;
– Comptable et contrôleur du budget;
– Éditorialiste associé et spécialiste en calembours;
– Web community manager, web master.

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De plus, après quasiment une année de voyage à vélo, il est temps de dresser un nouveau portrait de chacun, plus en adéquation avec le terrain.

Solenn (re)vue par Victor :

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Points forts:

– Le mal des pentes raides… C’est du passé! Le nouveau surnom de Solenn dans le milieu des cyclos c’est « la chasseuse de cols »! Sa nouvelle passion: cocher des cols mythiques. Le programme vélocipèdique de cet été va être chargé !

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– Le vent de face… elle le brise avec sa fidèle monture « Marco » d’un puissant coup de pédale!

– La plus rapide coupeuse de légumes de toute l’Asie centrale!

– Peut facilement jouer la tristesse et lancer une larmichette sur commande en cas de refus d’un bivouac! Efficace à tous les coups!

Points faibles :

– Déteste les klaxons de camion, sort des insultes pas très catholiques aux gros camionneurs en parlant du métier qu’aurait exercé leur maman, puis des « ‘utain de ci, ‘utain de ça » à tout bout de champ! Pas classe du tout du tout !

– Toujours interdite de s’approcher du réchaud à moins de 2 m, pour des raisons de sécurité et pour s’assurer que la pitance atteigne les assiettes !

– La chute, son plus grand point faible, surtout lorsqu’elle a le ventre vide! Mais elle est robuste la petite rouleuse, c’est le bitume qui a eu mal !

– Pas forcément bonne négociatrice sur les prix ! Forte tendance à demander un prix plus fort que la valeur annoncée!

– Je comptais sur elle pour tous les problèmes canins tant je redoute les clébards, mais l’amoureuse des gentils toutous s’est quand même bien ravisée devant les imposantes meutes de chien grecs, turcs et tibétains! Il a fallu reprendre les choses en main!

– Manque de s’évanouir lorsqu’elle voit une goutte de sang ou une arme (pas simple lors d’une blessure ou dans les pays qui jouent à la gueguerre tout le temps!)

Nouvelles phrases cultes :

« Je crois qu’on traîne trop ensemble! »

« Mais t’as quel âge Victor?! »

T’es en forme?
« En forme de quoi?! »

« Mais qu’est-ce qu’on va devenir ? ! »

« Y’a eu un bruit là, nan? »

« Me touche pas, tu me tiens chaud, une vraie bouillotte » (en été)
« Me touche pas, t’es gelé, on dirait un cadavre » (en hiver) !

Victor (re)vu par Solenn :

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Points forts

– A passé son doctorat « Orux », l’application smartphone qui ne nous a pas quitté du voyage! Maître de l’itineraire et de la petite route magnifique que personne ne prend. Il est devenu incollable!

– Son soutien infaillible quand il me voit flancher moralement certains jours (surtout les jours de cols…).

– Son 4ème poumon, qui l’a poussé encore plus loin, encore plus vite, jusqu’au bout de l’extrême limite.

– Le réchaud n’a plus de secret pour lui. Même avec de l’essence tadjik merdique. Même à 4600 m. Même en pleine tempête. Et même avec des chinois dans son dos.

– Son incroyable esprit d’imagination et de conception. Offrez lui un tendeur, une allumette, une feuille de bananier et un bout de bâche; il vous fabriquera une yourte avec baie vitrée parfaitement isolée pour l’hiver. Mon Mc Gyver quoi…

– Ces plusieurs mois passés dans le monde bouddhiste lui ont permis d’atteindre un niveau de zénitude bien utile pour le retour à la vie « normale »:

Points faibles

– Ses blagues pourries… Ça, ça n’a pas changé… Son stock est malheureusement inépuisable.

– Pas toujours rassurant quand il me reveille la nuit en bivouac, au milieu de nulle part, parce qu’il a « entendu des pas »… Ou comment transmettre son petit stress qui prend une place demesurée chez moi.

– Adooore avoir ses petites habitudes, ce qui peut se traduire par retourner tous les soirs chez le même vendeur de noodles, padthai ou autres mets locaux. Et commander exactement la même chose que la veille. Et en être fier!

Nouvelles phrases cultes :

« Nan mais attends, j’y suis pour rien moi si quand je freine tu me rentres dedans. »

« T’es pas obligée de manger tout comme moi… Moi je dois manger plus, parce que je suis plus fort et plus beau. »

« Ouais sauf que moi je porte 10 kg de plus avec la poche à eau! Merci hein! »

« Méchante Solenn! » (quand je lui interdis de racheter une enième pâtisserie ou de dévaliser le rayon biscuits).

« C’est hors de prix ici! On se casse! » (quand rien n’excède deux euros le plat).

« Boooo falang! » (traduction : « on est pas des touristes! »).

« Ça, c’est bien les bonnes femmes ça! » (très souvent…).

« On y va maintenant? On y va on y va on y va on y va on y vaaaaaaaaaa!!! »

Épilogue de l’épilogue

Il faut bien conclure… Alors on a envie de finir en vous disant de vous jeter à l’eau vous aussi, si nous l’avons fait c’est que tout le monde peut le faire!

Les nombreux événements tragiques de cette année nous ont aussi ouvert les yeux sur le fait que personne n’est éternel, tout peut s’arrêter du jour au lendemain.
Alors même si ça peut sembler banal, vivez vos rêves, voyagez, à vélo, à moto, à pied, en trottinette, au bout du monde ou dans votre pays… C’est tellement bon de se sentir vivant, un parmi tous les autres ! La vie est trop courte et on n’en a qu’une seule. « Perdre sa vie à la gagner » comme disait l’autre. A méditer.

Vivre toute cette aventure avec celui ou celle qu’on aime est un immense privilège. Comme celui de connaître le bonheur d’être en route.

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Un petit tour en Malaisie

Voilu, on l’a voulu, on l’a eu, notre petit tour en Malaisie !
On est content de l’avoir fait, cela nous a fait du bien d’avancer vers un nouvel objectif, nous avons fait de chouettes rencontres avec des cyclos et les malaisiens nous ont semblé très accueillants !
Cependant, à la vitesse supersonique à laquelle nous roulons depuis bientôt un mois en direction du sud, on ne s’était pas vraiment rendu compte de la distance parcourue, et de la proximité avec l’équateur ! Et qui dit équateur, dit grosse chaleur dans ta face! Il devient presque plus agréable de rouler que de flâner dans les villes ! Même les nuits sous ventilo sont moites.
Et puis, comparée à la Thaïlande, la route a bien changé : elle devient plus fréquentée, plus monotone et surchauffée !

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Nous avions pensé pousser jusqu’à Kuala Lumpur, pour le symbole, mais la monotonie de la route, la chaleur et la perspective d’arriver dans la mégalopole nous ont un poil découragé! Notre ultime destination, le point le plus méridional du voyage sera donc George Town (si si c’est en Malaisie !), sur l’île de Penang. Nous n’allons pas regretter ce choix! La ville, que nous atteignons en 3 jours, est imposante, mais son centre historique est magnifique et plutôt tranquille (même si touristique), les gens sont amicaux, et surtout avec une vie locale bien animée !

Et puis c’est une cité singulière, ancien comptoir britannique constitué de nombreuses communautés bien distinctes mais vivant en harmonie apparente. On découvre alors les quartiers indien, chinois et malais, dans un décor de bâtisses coloniales colorées, au milieu des mosquées, églises, temples hindous et monastères taoïstes et bouddhistes.

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Dans Little India, on se retrouve plongés en Inde, les gens parlent hindi, on est assourdi par la pop indienne dans la rue, les films Bollywood, l’odeur d’encens, les chapatis, les byrianis, le çay, et même le fameux grattage de places à l’indienne dans les files d’attente! On adore.

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Dans le quartier chinois, c’est la même immersion, et on est ravis de les retrouver… hors de Chine! Dans le pays, ce sont eux qui tiennent les business, et ici ils parlent tous bien anglais !

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Les rues du vieux centre son parsemées de steet art, et la ville devient un jeu de piste à la recherche de ces peintures murales. On flâne, on boit des bières quand les rues s’enflamment au couchant, on profite de l’ambiance animée de la cité et on se goinfre de bouffe indienne!

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À notre auberge, nous faisons une rencontre particulière avec l’ex-flic inspecteur Marcel Patoulacci (nom d’emprunt, on ne veut pas de problèmes !) de la crim’ de Marseille à la retraite !

Excellentes discussions avec des phrases mythiques dont voici le best of:

« Jpeux te dire que je connais mieux le Paris Turf que le code pénal! »

« Les RG, c’était cool! J’ai fait plus de bars à choper des infos sur le quinté que sur des syndicalistes ! »

« Ptin on bien rigolé avé les collègues quand on a pris la plainte d’un corse dont on avait fait péter la bergerie parce-qu’il payait l’impôt aux indépendantistes! »

« Les gars de la BAC qui se sont fait choper à Marseille, c’est des Mickey, des Mickey à côté des gros poissons!! »

« Jte raconte pas le nombre de cadavres qui tapissent le fond du port! »

On est sur le cul et on ne vous parle pas des histoires où baignent politiques et mafieux… On ne veut pas finir au bout d’un parpaing dans le vieux port!

On rigole bien mais ça fait mal! A la question « nan mais ça a dû changer tout ça, hin?? « , il nous répond :« pouaaa tu parles, pour une affaire qui sort, y’en a 10 qui sont étouffées! « 

« Bon je vous laisse, jvais picoler! »

On demande d’urgence une émission de « striptease » sur ce mec!

La Malaisie, le pays où il est interdit de charier une femme pour son physique sous peine de poursuites judiciaires. De quoi en prendre de la graine dans notre pays… Quoi qu’il serait alors difficile de parler, entre autres, de Frigide Cageot ou Christine Boudin…

En route, nous profitons certainement du dernier hébergement Warmshower (la communauté cyclo) de notre voyage chez Fred et Xin (et sa famille), en compagnie de Nina et Jacob, deux wwoofers danois venus donner un coup de main. Ils gèrent une éco-ferme avec un élevage de poulets et du maraîchage en vue de devenir auto-suffisant. Un beau projet qui peut donner des idées! Merci à eux pour l’accueil, le gîte, le couvert et les bonnes discussions !

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Après une petite semaine en Malaisie, nous reprenons déjà la route vers la Thaïlande… En train! C’est facile, pas cher et il fait vraiment trop chaud! Et nous avons encore un programme chargé avant le grand retour…

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Bilan :

– Nous passons la barre des 16 000 km au début de la Malaisie en se demandant jusqu’où le compteur s’arrêtera!

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– 17 ème et dernier pays franchi (pour l’instant)!

– Coté communication, nos automatismes pris en Chine ressurgissent : nous continuons à parler avec les mains en mode « moi vouloir ça » alors que les malais parlent tous un anglais parfait !

– Des kilos de biscuits à l’huile de palme ingurgités sans culpabiliser! Et oui, c’est local! Oui bon, ça déforeste un peu, mais qui dit plus de forêt, dit plus de serpent venimeux, et plus de serpent venimeux, c’est Solenn qui est contente ! Donc manger un biscuit à l’huile de palme, c’est sauver un homme. CQFD!

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Au Royaume de Siam

Ça y est, nous voilà en Thaïlande ! Après un des passages de douane les plus rapides depuis des mois, nous nous retrouvons sur la route vers le « paradis » (c’est comme ça que les cyclos rencontrés en sens inverse nous l’ont vendu !)… Pourtant, dès les premières minutes, on frôle l’accident : un abruti d’automobiliste en contre sens manque de faucher Victor, le ton monte, les poings se ferment, puis le cerveau tilte (aidé par les hurlements de Solenn derrière…). Mince, c’est vrai qu’on roule à gauche ici! Va falloir s’y faire!

On comprend tout de suite pourquoi on parle de paradis pour cyclos : les routes sont bonnes, avec une belle bande de sécurité, la mer est proche, idéale pour se rafraîchir, la plage accueillante pour le bivouac. Mais c’est aussi un contraste saisissant avec ses voisins du Cambodge et du Laos. On sent que le pays est bien plus développé, loin de l’image que l’on pouvait s’en faire. Signe qui ne trompe pas : le taux d’obésité élevé qui saute aux yeux dès les premières villes traversées; les magasins de bouffe et de friture à tous les coins de rue,  ses routes qui se transforment en voies rapides toutes droites, puis en véritables autoroutes où les gros picks up sont LA référence… Bref on se croirait presque aux States !

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On apprécie quand même le changement, car tout devient plus simple. La nourriture est partout, variée et incroyablement bon marché, l’eau est disponible, les Thaïs sont très accueillants, souriants, et on ne se prend plus le chou à négocier à tout bout de champ. Très vite, on tombe nez à nez avec le 7/11 (prononcer « seven-eleven »), le miracle de la Thaïlande (pour nous) et qui deviendra notre maison : clim’ à fond, eau chaude disponible, produits pharmaceutiques, robinet extérieur, micro-onde, glaces, sushis et biscuits, et le top du luxe : le distributeur gratuit (enfin on n’a jamais payé!) de glaçons grâce auquel nous remplissons nos gourdes !

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Mais la modernité a ses limites ! Rouler sur une 2×3 voies bruyante en passant par les plus gros bordels du monde ne nous excite pas plus que ça ! Nous décidons donc de rejoindre en bus nos appartements à Bang Saen, dont Juju, copain de France, nous a gentiment laissé les clés pendant son absence. Et on peut dire qu’on a pas été déçus : piscine de 50 m en bas de son balcon, une autre de 25 m sur le toit-terrasse de l’immeuble, plage à deux pas… bref, on pète dans la soie (pas dans tes draps Juju, t’inquiètes!) et ça nous met en joie! Et quelques jours de sédentarité ne nous font pas de mal! Merci à toiii!!

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Et puis un jour, il faut bien quitter notre vie sédentaire… Déjà 5 jours dans l’appartement de Juju, on commence à prendre nos petites habitudes! Le temps est venu d’enfourcher de nouveau nos montures. Nous avons laissé à l’appart’ toutes nos affaires d’hiver, duvets et autres effets devenus inutiles sous les tropiques. On se sent bien plus légers, ça fait un bien fou!

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Après un long trajet chargé de camions aux vrombissements insupportables, nous parvenons enfin dans l’énorme Bangkok, un peu sourds mais en vie !! Nous l’avons vaincue! Tout un symbole pour nous, et un peu d’émotion.

Arrivée « pépère » dans Bangkok entre la 2 x 4 voies et l’autoroute aérienne :
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C’est bien la peine de se farcir 100 km de grosse route pour se retrouver en Chine!
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Pour se remettre de tout cela, nous nous offrons une petite virée dans la jolie ville d’Ayutthaya, ancienne capitale du Royaume. Nous déambulons au milieu des ruines et des têtes de Bouddha et profitons du site heureusement peu fréquenté.

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Puis nous reprenons la route au sud de Bangkok et longeons la côte sur plusieurs jours. Nous découvrons alors une toute autre Thaïlande, loin de son image papier glacé, et roulons sur des petites routes côtières épargnées par le tourisme de masse. L’occasion de profiter de beaux bivouacs sur des plages désertes, où nous nous réveillons avec les pêcheurs de crabes, sous des levers de soleil idylliques.

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Nous reprenons une vie de Robinson Crusoé moderne: squatte des commodités offertes par les resorts, baignade, cueillette de noix de coco pour accompagner le cocktail du soir!

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D’ailleurs, petit cadeau avec cette leçon d’ouverture de noix de coco en vidéo, acte essentiel pour survivre dans ces contrées :

Et un jour, après quelques cols dans la forêt tropicale, nous arrivons sur la côte ouest, avec des noms biens connus comme Pukhet et Koh Lanta, sa mer turquoise, ses îles paradisiaques (enfin ça, c’était avant le fameux tourisme de masse ravageur!) et ses couchers de soleil époustouflants.

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Au sommet du col, des « maisons aux esprits » sont installées, avec à leur pied des offrandes… Et bien sûr, la télévision pour passer une bonne soirée!
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Trouver de l’ombre devient vital, on fait avec les moyens du bord:
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Les voiles refont leur apparition dans le sud de la Thaïlande, à majorité musulmane :
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Même en bord de mer les pentes restent parfois bien raides, comme ici à Koh Lanta:
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Le temps pour nous de fêter Noël, le nouvel an, et de nous offrir une petite virée en bateau dans la baie de Phang Nga. On croise notamment la fameuse île de James Bond dans « l’Homme au pistolet d’or », reconnu comme le plus grand navet de la série 007! Ce bout de caillou magnifique est devenu un tas de touristes déchaînés, beurk!

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Le 26 décembre, la Thaïlande commémore le triste anniversaire du tsunami de 2004 (250 000 morts tout de même) dont les panneaux d’évacuation nous rappellent la violence extrême de la vague… Nous ne dormons que d’un oeil sur la plage.

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On a adoré la Thaïlande des petites et moyennes villes, loin des coins à touristes. On profite à fond, à flaner dans les rues, les morning market, night market, sunday special market, floating market ! Et oui, la bouffe est une institution en Thaïlande. On se régale de fruits tropicaux, jus variés, ice coffee, Pad thaï, sticky rice (riz gluant) coco, soupes de noodle, curry, bamboo rice et autres mets inconnus.

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La spécialité du coin, c’est aussi la crevette sous toutes ses formes (la Thaïlande en est le premier exportateur mondial). On ne compte plus les exploitations croisées à vélo!

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Si vous voulez survivre ici, la phrase à apprendre en thaï, c’est « mai pet » qui veut dire « sans piment »! Au risque de finir son repas trempé et au bord de l’asphyxie. On ne vous parle même pas des effets sur le transit!

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Effet du piment sur le caleçon de Victor :
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Nous apprenons vite les coutumes locales : si nous avons une belle tradition antiroyaliste dans notre pays, ici il faut prendre garde à ce que l’on dit ! Du genre éviter le  « chez nous le roi couic couic, haha »! Le roi de Thaïlande est adulé comme nulle part ailleurs. Son portrait est omniprésent dans le paysage (presque plus encore que celui de Khamenei en Iran… Incroyable). Il est d’ailleurs formellement interdit de critiquer le roi. Lors de notre séjour, un thaï a eu la mauvaise idée de se moquer du chien du roi sur facebook… Case prison direct ! On ne plaisante pas avec le crime de lèse-majesté ici.
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L’allégeance au Roi est totale. On peut le constater tous les jours à 8h et 18h tapantes, lorsque des hauts parleurs crachent l’hymne national. La vie s’arrête alors une bonne minute, les taxis sont immobilisés, le vendeur de crêpes laisse cramer sa pâte, le marchand de poisson se tait, seul le touriste déambule l’air hagard en se demandant ce qu’il se passe!
Nous aussi, on l’aime bien le Roi, avec ses grosses lunettes et son appareil photo autour du cou, ça change des dictateurs d’Asie centrale!
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Grande manifestation cycliste « bike for dad » dans tout le pays, avec les T-shirt jaunes, couleur du royaume. Comprendre / »roule pour le Roi! » :
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S’il faut faire attention à ses propos concernant le Roi, il faut également se méfier de notre accent « so frenchy »: un ami cyclo allemand nous faisait justement remarquer que nous autres, camemberts puants, avons la fâcheuse tendance à ne pas savoir distinguer le « ea » du « i » anglais. La conséquence peut être fatale, surtout en Thaïlande, où demander par exemple: « where can I find beautiful beaches here? » peut vite vous mener dans des coins pas très catholiques. Et oui, la Thaïlande, c’est aussi une prostitution autorisée et à la vue de tous, et une autre plus masquée. On hallucine du nombre de vieux blancs bedonnants, main dans la main avec des minettes de 20 ans… mais bon, il parait que ça a été le coup de foudre, c’est beau l’amour ! Quel plaisir en tout cas pour Victor d’être l’objet de toutes les attentions de ces femmes pour son sex appeal (le marseillais est de retour), et non pour son portefeuille évidemment :

Bref, dans ce contexte, le voyage a un peu changé de dimension, la motivation n’est plus tout à fait la même puisque notre ligne d’arrivée et point de retour ont déjà été franchis. Nous sommes même passés à vélo devant l’aéroport de Bangkok, le regard songeur. On se sent un peu vides, sans but, mais sans avoir pu célébrer une quelconque arrivée… Frustrant!
Et puis un matin, on a eu comme un besoin irrésistible de nouveauté, un nouvel objectif, un nouveau challenge. Nous voilà donc (re)partis pour la Malaisie ! On va croquer du bitume avant le grand retour; le lézardage sur les plages à touristes, c’est vraiment pas notre tasse de thé!

Arriverons-nous à nous arrêter ? ! La Nouvelle-Zélande n’est plus si loin !
A suivre…

Bilan :

– Nous passons la barre des 15 000 km au bord de la frontière birmane. On peut dire que le contrat est rempli, c’est que du bonus maintenant!
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– Il aura fallu attendre près de 14 000 km pour se faire sponsoriser ! À Bang Saen, Som nous offre des maillots thaïs tous beaux, en plus de nouvelles pédales! Merci à 100 km per hour!
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– La bonne pioche continue pour Victor qui se refait une bonne garde robe avec les fringues ramassés en bord de route ! (3 t-shirts et 2 casquettes).

– Des centaines de cadavres de serpents croisés sur la route, dont un python de presque 3 mètres (et pas des mètres marseillais!)… On regarde où l’on pose les pieds avant d’aller au petit coin !

– Quelques bleus en pratiquant tous les soirs un peu de Muay Thaï, LE sport local!

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– Rouler en bord de mer c’est sympa, mais ça rouille! Les vélos en prennent un sacré coup, et on craint la rupture totale avant la fin!

– Formation d’une bulle d’air sur le matelas thermarest de Solenn ! Décidément, on aura bien sollicité le SAV pendant ce voyage! 

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Halte aux chutes !

Marre du vélo qui tombe tout le temps en stationnement ?!
C’est bien le défaut du mix sacoches arrières et sacoche de guidon. Le poids sur le guidon est important et fait tourner la roue avant, entrainant la chute irrémédiable de votre monture, et dans le pire des cas la casse de votre béquille. Il existe une solution simple pour maintenir votre guidon droit. Munissez vous d’un tendeur, condamnez une extrémité à la base de votre tige de selle, et adaptez la longueur de l’autre extrémité pour que le crochet puisse agripper le cintre au niveau de la poignée, côté opposé à la béquille.

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Lorsque vous roulez, déployez le tendeur côté sacoches pour le fixer au porte bagage.

Autre technique vue sur un cyclo anglais: un petit tendeur maintenu sur le cadre et que l’on vient fixer sur la roue avant:
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Vous ne craignez plus la chute en stationnement, si énervante et ridicule, ouf!

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Coupe câble au coupe coupe

Vous devez changer un câble de frein ou de dérailleur détérioré, pas de souci, sauf que vous n’avez pas pris avec vous de pince coupe câble, et vous avez bien raison vu son poids et son utilisation extrêmement limitée! Le problème est que dans certains coins du monde, même une simple pince coupante (de qualité) est difficile à trouver.

Voici la découverte que nous avons faite : munissez vous de votre machette (sans machette dans la jungle vous êtes déjà mort!) ou empruntez celle du premier autochtone rencontré, posez votre câble sur une pierre, positionnez la machette au niveau de la coupe sur le cable, frappez la machette avec un gourdin, un marteau ou une pierre. Paf! La section est parfaite, meilleure qu’avec un coupe cable. Classe, vous êtes le roi de la jungle!

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Cambodge, au royaume des Khmers

Ouf! Nous avons passé la frontière Cambodge – Laos sans trop y laisser nos deniers, à part quelques dollars supplémentaires côté lao pour un bout de papier manquant, mais c’est le jeu malheureusement! Ceci dit, après 9 mois de voyage et 14 frontières traversées, c’est la seule fois que nous avons dû affronter cette situation!

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Notre première journée cambodgienne a principalement consisté à manger de la poussière rouge, à éviter les énormes nids d’autruche sur la route et à papoter avec quelques cyclos croisés en sens inverse! Désormais, les journées sont courtes et nous ne devons pas trop tarder pour la recherche du bivouac.

Dès le premier soir, nous nous rappelons que notre itinéraire suit la légendaire « piste Hô Chi Minh ». Pour rappel, il s’agissait d’un véritable réseau de pistes qui ravitaillait en nourriture et matériel les combattants Viêt Congs… Et était donc la cible de bombardements incessants de la part des États-Unis. Aujourd’hui, on pourrait la nommée « piste aux mines » tant la quantité de bombes non explosées et autres engins explosifs est toujours important. Bref, s’aventurer hors des sentiers battus est un poil dangereux dans ces coins là, et l’approche sur un bivouac devient un peu plus compliquée! Victor, par galanterie évidente, laisse passer Solenn la première pour sécuriser le terrain !

On plaisante souvent avec cela, mais la réalité est moins drôle : on remarque assez rapidement que le nombre de personnes amputées des bras ou des jambes est anormalement élevé dans le pays… Putain de guerre!

Victor ayant de nombreuses années d’expériences au « démineur », nous atteignons sans encombre Siem Reap, berceau des temples d’Angkor, ancienne capitale khmère devenue un site archéologique exceptionnel.
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Nous avions un peu peur d’être étouffés par des nuées de touristes, mais l’immensité du site et nos bicyclettes nous ont permis de nous retrouver quasiment seuls sur certains temples (n’oublions pas que les gens sont souvent faignants!). Nous nous délectons des têtes de Bouddha géantes, des temples envahis par une végétation luxuriante qui semble vouloir reprendre ses droits, et de cette ambiance générale qui nous plonge dans I’univers d’Indiana Jones. Nous sommes sur le qui vive, prêts à recevoir une flèche empoisonnée et à éviter la boule géante!

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Plus nous avançons dans le pays et plus nous ressentons l’attachement sans faille des cambodgiens à leur ami Washington, aka Monsieur Dollar. Nous nous sentons de plus en plus tels des billets de banque ambulants, ce qui n’est pas des plus agréables ! Petite anectode marquante : dans le bus, nous demandons un mouchoir à notre voisine. Cette dernière nous fait alors un signe avec la main : « un mouchoir = 500 riels (0,1€)! Un peu estomaqués, on lui répète que l’on ne veut pas sa boîte entière, mais bien un petit mouchoir de rien du tout… Même topo… Popopo, on aurait bien voulu savoir dire :  « et pour ma main dans ta tronche, c’est combien ? ! »

Et de nombreux autres exemples qui nous ont agacé : au marché, dans la rue… Comme il est désagréable de devoir payer le double du prix des locaux pour tout et n’importe quoi. C’est malheureusement parfois le jeu du tourisme… Mais c’est ici que nous l’avons vraiment subi pour la première fois.

Bref, on ne se sent pas aimés, alors que nous avons besoin d’amour!
C’est le moment de revoir nos plans : nous avons fait pas mal de petits hôtels dans ce pays, étant donné leur faible coût et la chaleur accablante. Mais ce mode de voyage ne nous permet plus de nous imprégner entièrement de la culture, des gens, de la vie quoi! C’est décidé, finies les conneries, on repasse en mode bivouac pour les derniers jours au Cambodge !
Et effectivement, nous n’avons pas été déçus, entre un bivouac sympathique dans un monastère (réveil à 4h du matin par un concert de casseroles) et l’accueil très touchant d’un cambodgien et de sa famille dans leur modeste bungalow. Nous reprenons goût au voyage et au pays ! La facilité nous avait un peu égaré !

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Lors de ces rencontres, nous apprenons notamment que les parents massent le nez de leurs petits pour l’allonger (les cambodgiens ont de tous petits nez), mais personne ne nous a donné de réponses sur la mode du pyjama revêtu par de nombreuses femmes, ni sur les tenues de mariages un peu kitsch !

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Côté roule, les journées sont chaudes et difficiles! La route est plutôt plate et monotone. Ici, nous avons eu du mal à trouver de l’eau potable! Ce qui rend les choses un peu compliquées quand on doit boire 10 litres par jour!! Les cambodgiens, comme les laotiens d’ailleurs, se font livrer des bidons d’eau potabilisée. Et la grande majorité des épiceries ne disposent pas de frigo (même à Phnom-Penh), mais de glacières pour les boissons. Pour les alimenter, c’est tout un business de glaçons qui s’opère dans le pays! Sur la route, nous croisons quotidiennement des « livreurs de pains de glace », à vélo, en moto, en camionnette… Impressionnant !
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Et un beau jour, nous arrivons à la mer!! Ça faisait un sacré bout de temps que nous ne l’avions plus vue ! L’occasion de vivre encore une fois des couchers de soleils magnifiques à côté des pêcheurs. De l’autre côté de la rive, la Thaïlande pointe de nouveau son nez… L’ultime étape de notre voyage est à quelques coups de pédales… Séquence émotion !

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Merci le Cambodge ! Tu nous as parfois poussé à bout mais tes sourires en pagaille, ta gentillesse et ta générosité nous ont vite remonté le moral !

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Bilan :

– Nous fêtons nos 14 000 km dans les Cardamom Mountains lors d’une journée bouillante. Même les éléphants sont restés à l’ombre!

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– La chaleur (encore elle) et surtout l’humidité nous font perdre des litres et des litres de sueur, dont le sel attaque nos vêtements. Résultat : les deux T-shirt de Victor sont en lambeaux. Cela procure un peu d’aération dorsale, mais génère des coups de soleil « en pois », qui font un peu penser à une maladie de peau!
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– Outre des vieilles maisons coloniales, le Cambodge a également conservé une magnifique chose française… La baguette!! Miam miam. L’occasion de redécouvrir la chanson de Sardou: « le temps des colonies »… Burp! Attention risque de nausées.

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– Petit aperçu vidéo de la ville de Phnom Phen, qui nous a bien marqué :

– Un boîtier de pédalier changé à 14 000 km pour Victor. Heureusement qu’on avait prévu la pièce en rechange.

– Grand retour du baby foot! Score: Solenn: 22 Victor: 18.

– Nous sommes souvent circonspects de voir des stands de western food (pizza, burger, crêpes…) dans tous les coins à touristes. Quel est l’intérêt de venir au bout du monde pour manger la même chose que chez soi?!

Réponses aux questions du précédent billet :

Il fallait donc penser à :

– Al Paccino, dans Serpico, flic luttant contre la corruption. Les chauffeurs thaïs le vénèrent comme un porte bonheur pour éviter le racket policier, bien présent dans la région !

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– Robert Redford, mais on est pas sûr! Notez le camion dans le reflet de ses lunettes.

– Che Guevara, n’oublions pas que nous étions dans un pays communiste !

– Kaysone Phomvihane, ancien président du Laos. Son portrait est apposé sur tous les billets de banque du pays. Ainsi, un dicton dit : « si tonton Kaysone est avec toi, tout va bien ».

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– Aed Carabao, le Jonnhy Hallyday thaï.

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– Seksan Sukpimai, chanteur du groupe thaï Sek Loso (on a d’abord cru que c’était Jim Morrison..).
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Personne n’a trouvé toutes les bonnes réponses, ce sera donc une carte postale pour tous ceux qui ont répondu!

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